Elisa FABRE
Ma pratique s’ancre dans la performance, envisagée à la fois comme médium artistique et outil de réflexion critique. Mes pièces prennent la forme d’expériences immersives, participatives ou sensorielles, inscrites dans des parcours pensés en étroite relation avec leur contexte. D’une grande économie de moyens, elles reposent avant tout sur la parole, utilisée comme principal matériau plastique. Cette posture, qui décentre l’objet au profit d’un art de la transmission et du récit, constitue aussi une forme de résistance aux logiques de consommation. Les récits que je déploie — outils de description, d’enchantement ou de glissement fictionnel — deviennent le moteur d’un déplacement du réel. Cette approche m’a conduite à développer ce que je nomme la médiation spéculative : une forme hybride, empruntant à la médiation culturelle, à la science-fiction et à la conférence scientifique, dont elle détourne les codes pour inventer des récits décalés. Ces narrations introduisent des scénarios hypothétiques qui créent des frictions entre fiction et réalité, faisant émerger les tensions latentes du monde contemporain.