Nuria MOKHTAR

DNSEP 2025

Ma pratique de dessin et d’installation est très diverse, polymorphe. Je trace et je collecte des images ultra-contemporaines, que je confronte et hybride à une imagerie d’Histoire, de l’Antiquité grecque au Moyen-Âge arabe. Il s’agit pour moi d’épouser le lieu de monstration, de l’investir puis de disparaître sans laisser de traces.

Apparaître, disparaître, s’estomper, sont des notions qui me traversent toujours en travaillant. Cela pour plusieurs raisons : d’abord un intérêt pour l’éphémère et le passage du temps ; l’échelle d’une vie : tout est cyclique, les choses apparaissent, vivent, et disparaissent.

Ensuite, j’estime que nous vivons à une époque de surproduction, où les objets, les « choses » sont en excès. Considérant cela je décide de « produire » le moins possible, ou en tout cas de ne pas produire de formes trop lourdes, auxquelles je préfère des supports fins, biodégradables ou faciles à ranger, qui ne se conservent pas trop longtemps. Je travaille des formes fragiles, légères, ou temporaires empruntant au street art, notamment en dessinant à même les murs avec une technique facile à repeindre.

C’est donc un pratique qui ne se divise pas en pièces, mais qui se déploie en ensembles.