Abbaye de Fontfroide
Route départementale 613, 11100 Narbonne

Du 17 septembre au 27 novembre 2022

La Nuit et le Jour

Cette exposition fait suite à une résidence de recherche et création à l’Abbaye de Fontfroide, organisée durant l’été 2022, en partenariat avec le MO.CO. Montpellier Contemporain. 

Au cours de cette résidenc, Yongkwan Joo a exploré la notion de frontière psychique et cognitive en s’inspirant de l’architecture de l’Abbaye et des paysages environnants. La nature et le contexte spécial de ce lieu historique inspirant l’ont mené vers une réflexion sur l’observation et la captation d’images. Celle-ci présente des moments de collision entre deux états, là où la frontière cognitive s’écroule, et propose ainsi aux spectateurs de découvrir ces zones grises, ambiguës et mystérieuses.

Le jour et la nuit, l’immobilité et la mobilité, le chaud et le froid, la lumière et l’obscurité : ces dichotomies forment une frontière mentale puissante. Cependant, nous estimons parfois que cette limite peut se dérober à tout moment. On se retrouve parfois dans des états contradictoires. On peut, par exemple, avoir l’impression d’être le matin alors que l’on est le soir. On peut également ressentir de la solitude au sein d’une foule. Comme nous pouvons le voir dans la série L’Empire des Lumières de René Magritte où le jour et la nuit coexistent dans un même tableau. Ce moment indéfinissable nous permet de réfléchir et d’interroger la réalité que nous vivons.

 

Yongkwan Joo

Né en 1988 à Séoul en Corée du Sud.
Vit et travaille à Lille.

Yongkwan Joo base sa pratique vidéo sur la contemplation, en utilisant des images captées au gré de ses marches quotidiennes. Il crée alors des univers mettant en scène ces images simples de la vie quotidienne dans des installations immersives délicates. La frontière est un sujet de recherche qu’il a développé ces dernières années. Intimement liée avec son histoire personnelle, cette notion de limite entre territoires lui vient de son origine coréenne. La Corée du Sud et la Corée du Nord, divisées en deux, par une longue frontière infranchissable lui fait envisager la Corée comme une île, et non comme une péninsule. Il a également vu de jeunes soldats morts pour défendre la frontière pendant ses années de service militaire. La frontière était pour lui une zone interdite, inapprochable. Ses premières années en France passées à Strasbourg, ville limitrophe avec l’Allemagne, ont totalement changé son point de vue sur la frontière. Le franchissement d’une frontière à pied en Europe s’est révélé être une expérience possible et très impressionnante. La frontière est alors devenue pour lui une zone très floue, indéterminée.

Yongkwan Joo, après l’obtention de son diplôme DNSEP au MO.CO. Esba – Ecole supérieure des beaux-arts de Montpellier en 2019, a poursuivi ses études et ses recherches au Fresnoy – Studio national des arts contemporains dont il sort diplômé en 2021. Il participe à différentes expositions collectives en 2022 parmi lesquelles « Après l’école, biennale artpress des jeunes artistes » au MO.CO. Panacée, Montpellier, France ; « CAPS_Utopia Lille 3000 » à Lille, France ; « Les Safra’numériques » au Safran, Amiens, France et « En creux », Tiers-lieu AU FIL DE SOI, Lille, France. Il a également participé en 2021 à « No Home Radius 20,000km » à la Cité Internationale des Arts Montmartre, Paris, France ; « Panorama23 – … Par le rêve… », Le Fresnoy – studio national des arts contemporains, Tourcoing, France et en 2019 à « Si la nuit était claire » à l’Espace Saint-Ravy, Montpellier, France ; « Summer ? Summer ? Summer ? Summer ! » à la Gallery Gyeol, Seoul, Corée du Sud et « Ménagerie des transformations » à la Maison pour tous Frédéric Chopin, Montpellier, France.

 

Visuel : Yongkwan Joo, "Vague verte", 2022.